Hallaðr Rögnvaldsson, fils de Rögnvaldr, jarl de Møre, fut brièvement jarl des Orcades à la fin du IXe siècle, avant de renoncer à sa tâche, découragé.

Hallaðr Rögnvaldsson dans l'Orkneyinga saga (Flateyjarbók)Histoire de Hallaðr dans l'Orkneyinga saga (Flateyjarbók).
Reykjavík, Stofnun Árna Magnússonar.
Hallaðr est le fils de Rögnvaldr Mœrajarl (« jarl de Møre ») et de l'une de ses concubines (frilla). Il a plusieurs frères ou demi-frères, les uns légitimes (Göngu-Hrólfr, Ívarr, Þórir þegjandi), les autres non (Hrollaugr, Einarr).

Selon la tradition des sagas (Orkneyinga saga, ch. 4 ; Haralds saga hárfagra, ch. 22), le roi Haraldr hárfagri conquit les Shetland et les Orcades, et en fit don à Rögnvaldr, qui les céda à son frère Sigurðr.

Lorsque Sigurðr mourut, vers 872, son fils Guthormr lui succéda, mais il disparut au bout d'un an sans descendance (Orkneyinga saga, ch. 5 ; Haralds saga hárfagra, ch. 22). Des vikings venus de Norvège et du Danemark s'établirent alors dans les îles.

Rögnvaldr y envoya ensuite Hallaðr, à qui le roi Haraldr donna le titre de jarl (Orkneyinga saga, ch. 5 ; Haralds saga hárfagra, ch. 27).

Selon l'Orkneyinga saga, Hallaðr s'établit sur Hrossey, « mais des vikings sillonnaient les îles et jusqu'au Caithness, tuaient des hommes et pillaient. Et quand les habitants se plaignirent de leurs malheurs au jarl Hallaðr, il lui sembla difficile de redresser leurs torts et il se lassa de sa fonction ; il décida de renoncer à son titre et prit le statut de paysan libre (höldsrétt), et revint en Norvège, et l'on jugea sa conduite des plus méprisables ».

Cette décision provoqua le mécontentement de Rögnvaldr, qui désigna finalement un autre de ses fils illégitimes, Einarr, pour diriger les Orcades. Einarr réussit là où Hallaðr avait échoué.

Le sort de Hallaðr n'est plus évoqué par la suite, mais il est significatif que, dans une lausavísa dans laquelle Einarr se vante d'avoir vengé la mort de son père, et raille ses frères pour leur inertie, tous sont cités (Hrólfr, Hrollaug, Þórir), à l'exception d'Ívarr, déjà mort, et de Hallaðr. Il faut en conclure, soit que ce dernier est mort également, soit que son acte a été jugé si indigne qu'il n'est plus considéré comme un membre de la famille1.


1 Mundal, Else. The Orkney earl and scald Torf-Einarr and his poetry. In : The Viking Age in Caithness, Orkney, and the North Atlantic. Edited by Colleen E. Batey, Judith Jesch, Christopher D. Morris. Edinburgh : Edinburgh University Press for Centre for Continuing Education, University of Aberdeen and Department of Archaeology, University of Glasgow, 1993. P. 254.