Blood Eagle est un roman policier de Craig Russell paru en 2005. Il retrace une enquête sur l'assassinat de femmes victimes du supplice de l'aigle de sang.

Couverture de Blood Eagle de Craig Russell, chez HutchinsonCraig Russell est un auteur écossais de romans policiers né en 1956. Blood Eagle, paru en 2005 chez Hutchinson, traduit en français, la même année, aux Éditions du Masque, sous le titre Rituels sanglants, est le premier d'une série de romans mettant en scène le commissaire Fabel, de la police criminelle de Hambourg.

Dès le début du roman, l'auteur montre une scène de crime particulièrement sanglante :

« Elle était étendue, bras et jambes écartés, ses poignets et ses chevilles attachés aux montants du lit. Son abdomen déformé de manière grotesque. Elle avait été ouverte sur toute la longueur de son torse. Les côtes avaient été écartées et tirées vers l'extérieur au point de ressembler à la superstructure d'un bateau. La blancheur osseuse des côtes arrachées brillait au travers de l'amas de chairs brutes et de viscères sombres et luisants. Deux masses de tissus foncés et ensanglantés, ses poumons mouchetés de sang clair et mousseux, étaient étalés de chaque côté d'elle, au-dessus de ses épaules. »

Derrière ces meurtres se cache un criminel ukrainien, qui puise son inspiration dans la Rus' de Kiev, cette principauté fondée par des Varègues en terre slave, le long des routes commerciales menant de la mer Baltique à Constantinople et à l'Orient. C'est de cette héritage que provient la fraternité guerrière qui le lie à ses hommes, anciens des forces spéciales soviétiques, et c'est aussi là que se trouve l'origine de l'aigle de sang. Ce même criminel est l'organisateur de viols collectifs rituels commis par un groupe d'homme portant des masques représentant un homme barbu et borgne, à l'image d'Óðinn.

Couverture de Blood Eagle de Craig Russell, chez ArrowL'auteur joue volontiers sur l'image barbare des vikings. En témoigne notamment le paragraphe qui figure en exergue du roman : « En nul autre endroit, l'âge des ténèbres ne fut plus sombre que dans les contrées vikings. Des cultes puissants s'y épanouirent ; des cultes dont les superstitions et les rituels sanglants se fondaient sur les croyances les plus obscures. L'un des plus terribles de ces rituels était celui de l'Aigle de Sang ». Par la suite, cependant, il admet des réserves sur l'existence de ce supplice. Il fait ainsi dire à l'un des personnages : « certains historiens pensent que toute cette histoire de l'Aigle de Sang était une propagande négative inventée par les victimes des Vikings ».

Il est donc beaucoup question d'histoire et de religion, qui font l'objet d'explications par plusieurs personnages du roman, parfois exactes, parfois erronées.

Pour s'en tenir à l'aigle de sang, il est possible qu'un tel supplice ait existé : plusieurs textes, de date, de  provenance et de nature diverses le mentionnent, sans toutefois que les chercheurs s'accordent sur leur fiabilité. Peut-être s'agissait-il, en effet, d'un sacrifice rituel dédié à Óðinn. Et, comme l'évoque un personnage du roman, les sources présentent bien deux variantes de cette mise à mort : l'une où un aigle est gravé dans le dos de la victime, l'autre avec ouverture de la cage thoracique.

Les victimes sont, en revanche, dites appartenir à l'un ou l'autre sexe, alors que toutes les victimes supposées de l'aigle de sang sont des hommes. Il est ensuite question d'un prince anglais sacrifié faute que la rançon demandée pour sa libération ait été versée. Deux rois anglais sont parfois présentés comme victimes de l'aigle de sang, Ælle de Northumbrie et Edmond d'Est-Anglie, mais il n'est pas question de rançon. Est ensuite mentionné un évêque tué sur l'une des îles écossaises. L'archevêque de Canterbury Ælfheah a été mis à mort par des vikings (faute, d'ailleurs, de versement d'une rançon), mais c'était à Greenwich. L'île écossaise peut évoquer Iona, dans les Hébrides, célèbre pour son monastère. Blathmac y fut massacré par des vikings, mais il était moine, et non évêque. Du reste, ni l'un, ni l'autre ne sont réputés avoir été victimes de l'aigle de sang.

Un téléfilm germano-autrichien a été tiré du roman. Intitulé Blutadler, il a été diffusé en 2012 sur Das Erste.

Éditions

  • Blood Eagle. London : Hutchinson, 2005, puis Arrow, 2006.
  • Rituels sanglants. Traduit de l'anglais par Aurélie Tronchet. Paris : Éd. du Masque, 2005, puis Points, 2006.